Bardage et bac acier : sécuriser la pose en couverture sèche

Un bac acier posé sur pannes ressemble à un plancher. Il en a la couleur, la planéité et la rigidité apparente. Tant qu'il n'est pas fixé définitivement, il n'en est pas un.

Nappe de filet de sécurité tendue sous une toiture industrielle
En couverture sèche, la nappe tendue sous la zone de travail reste la seule protection efficace tant que les bacs ne sont pas fixés.

En bref

Les bacs métalliques auto-portants avant fixation définitive figurent sur la liste des matériaux fragiles, au même titre que les plaques de fibres-ciment, les plaques translucides en polycarbonate ou en résine de polyester et les lanterneaux dépourvus de grille antichute. La conséquence est directe : tant que la couverture n'est pas achevée, personne ne circule dessus sans dispositif de recueil en sous-face. La réglementation demande d'abord des garde-corps, et lorsqu'ils ne peuvent pas être installés, des dispositifs de recueil souples positionnés de manière à éviter une chute de plus de trois mètres. Sur un chantier de bardage ou de couverture industrielle, cela signifie tendre le filet avant la pose des bacs, et non après.

Un matériau qui ressemble à un plancher sans en être un

C'est l'un des malentendus les plus coûteux du chantier industriel. Un bac acier fraîchement posé sur ses pannes offre une surface continue, plane, apparemment solide. Un compagnon qui monte dessus ne perçoit aucun signal de danger. Tant que la fixation définitive n'est pas faite, la tôle peut pourtant se dérober, glisser sur son appui ou basculer.

La difficulté est que le risque disparaît dès que le chantier est terminé. Une fois la couverture achevée et fixée, elle porte. C'est uniquement pendant la phase de pose, celle où les équipes circulent le plus, que le support n'a pas les qualités qu'on lui prête.

Ce que la prévention appelle un matériau fragile

La notion n'a rien d'informel. Les documents de référence de la profession recensent précisément les matériaux concernés :

  • les plaques de fibres-ciment, neuves comme anciennes, ces dernières pouvant contenir de l'amiante ;
  • le verre, armé ou non ;
  • la résine de polyester, avec ou sans fibres de verre ;
  • le polycarbonate et les polymères thermoplastiques ;
  • les toitures en chaume ;
  • les tôles ondulées d'une épaisseur inférieure à 80 centièmes de millimètre ;
  • les bacs métalliques auto-portants, avant leur fixation définitive ;
  • les lanterneaux dépourvus de grille antichute.

Une toiture industrielle courante en aligne souvent trois ou quatre en même temps. Le bardeur qui pose ses bacs travaille au-dessus du vide, à côté de plaques translucides qui ne portent pas davantage, et parfois sur une couverture ancienne qu'il faut d'abord déposer.

Un accident sur quatre survient avant le chantier

C'est le chiffre qui devrait faire réfléchir tout chef d'entreprise. Selon Prévention BTP, un quart des accidents liés aux toitures fragiles concerne une phase de repérage ou de préparation de devis. Autrement dit, pas une équipe au travail, mais une personne seule montée quelques minutes pour regarder. Et lorsque la chute au travers de la toiture se produit, elle est mortelle dans un cas sur trois.

Ce constat a une conséquence pratique immédiate. La visite technique préalable, celle que nous faisons nous-mêmes avant de chiffrer, ne se fait pas en marchant sur la couverture. Elle se fait depuis le sol, depuis une nacelle, ou depuis la sous-face.

La règle de base en couverture sèche

Tant qu'un bac n'est pas fixé définitivement, il est traité comme un matériau fragile. Cela vaut pour la pose neuve comme pour la reprise d'une couverture existante.

Pourquoi le filet se tend en sous-face

La logique réglementaire est toujours la même. L'article R. 4323-59 du Code du travail demande d'abord d'assurer la prévention des chutes par des garde-corps rigides, placés entre un mètre et un mètre dix, avec plinthe, main courante et lisse intermédiaire, ou par tout moyen d'efficacité équivalente. En périphérie de toiture, cette solution fonctionne et reste la première à envisager.

Mais un garde-corps ne protège pas du risque de passer à travers la surface elle-même. Pour ce risque, l'article R. 4323-60 prend le relais et prévoit l'installation de dispositifs de recueil souples, positionnés de manière à éviter une chute de plus de trois mètres. C'est exactement la fonction de la nappe tendue sous la charpente, en système S au sens de la norme EN 1263, dont nous détaillons la mise en place dans notre article sur les étapes de la pose.

Le calendrier du bardeur

C'est le point qui change tout, et il se joue à la semaine près. Un filet en sous-face se tend depuis la charpente. Le moment idéal se situe donc après le levage de la structure et avant la pose des bacs, quand les points d'ancrage sont accessibles et qu'aucune surface ne gêne encore le déploiement de la nappe.

Passé ce créneau, tout devient plus compliqué et plus cher. Il faut travailler depuis le dessous avec des moyens d'accès, composer avec une couverture partielle, parfois intervenir en plusieurs phases. Les charpentiers qui travaillent régulièrement avec nous intègrent ce jalon dans leur planning de levage, sujet que nous développons dans notre article destiné aux charpentiers. La question des supports est traitée pour sa part dans notre article sur les points d'ancrage.

Le cas particulier des plaques translucides

Elles méritent une mention à part car elles cumulent deux défauts. Elles ne portent pas, et elles se confondent visuellement avec le reste de la couverture, surtout par temps couvert ou lorsqu'elles ont vieilli et se sont opacifiées. Les lanterneaux sans grille antichute posent le même problème sur les toitures d'entrepôt et d'usine.

Nous traitons ces configurations en détail dans nos articles sur la toiture-terrasse et sur les toitures en fibro-ciment amianté, deux chantiers où la fragilité du support est la donnée centrale.

Comment nous intervenons

Nous travaillons avec des entreprises de bardage, de charpente métallique et de couverture industrielle sur des bâtiments d'activité, des entrepôts et des ateliers. La démarche est courte : une visite depuis le sol ou les plans de charpente, une étude des points d'ancrage disponibles, un chiffrage ferme, puis une pose calée sur votre planning de levage.

Le tissu industriel du Nord-Isère nous amène souvent sur ce type de chantier, notamment à Saint-Quentin-Fallavier et à Bourgoin-Jallieu, secteur dont nous parlons dans notre article sur le parc de Chesnes. Si vous avez un levage programmé, dites-le nous en amont : c'est le seul moyen de poser au bon moment.

Questions fréquentes

Non. Les bacs métalliques auto-portants avant fixation définitive sont classés parmi les matériaux fragiles. Tant que la fixation n'est pas réalisée, la circulation sur la couverture suppose un dispositif de protection adapté, notamment un dispositif de recueil souple en sous-face.

Les plaques de fibres-ciment neuves ou anciennes, le verre armé ou non, la résine de polyester, le polycarbonate et les polymères thermoplastiques, les toitures en chaume, les tôles ondulées d'une épaisseur inférieure à 80 centièmes de millimètre, les bacs métalliques auto-portants avant fixation définitive et les lanterneaux dépourvus de grille antichute.

Le meilleur moment se situe après le levage de la charpente et avant la pose des bacs. Les points d'ancrage sont alors accessibles et la nappe peut être déployée sans obstacle. Une pose plus tardive reste possible mais demande des moyens d'accès supplémentaires.

Le Code du travail donne la priorité à la protection collective sur la protection individuelle. Lorsque le dispositif de recueil couvre la zone de travail, il protège l'ensemble des intervenants sans action de leur part. Le harnais reste utilisé pour les situations où aucune protection collective n'est techniquement praticable.

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les sources suivantes :

  • Prévention BTP : travaux de couverture en matériaux fragiles, liste des matériaux et données d'accidentologie.
  • Code du travail, articles R. 4323-58 à R. 4323-60 : garde-corps et dispositifs de recueil souples.
  • INRS : réglementation sur le travail en hauteur.
  • Norme NF EN 1263-1 (exigences de sécurité et méthodes d'essai) et NF EN 1263-2 (exigences pour le montage des filets de sécurité).
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M.I.B Anti-Chutes

Karim Bakida

Fondateur de M.I.B Anti-Chutes

Spécialiste de la pose de filets de sécurité antichute conformes à la norme EN 1263 en Isère et en Auvergne-Rhône-Alpes. M.I.B Anti-Chutes accompagne les entreprises du BTP dans la sécurisation de leurs chantiers en hauteur, de l'étude jusqu'à la dépose.

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