Curage et déconstruction sélective : sécuriser le tri

On ne démolit plus, on déconstruit : la loi impose de trier ce qui peut resservir. Ce changement vertueux a un coût sécurité : plus de monde, plus longtemps, dans des bâtiments qui s'affaiblissent.

Filet de récupération installé sous une zone de travaux de dépose
Déconstruire, c'est déposer à la main ce qu'on aurait autrefois abattu à la machine. Le filet suit les équipes phase par phase.

En bref

Depuis le 1er juillet 2023, le diagnostic PEMD, issu de la loi AGEC, impose d'identifier avant démolition ou rénovation significative ce qui peut être réemployé ou valorisé, pour les bâtiments de plus de 1 000 m² notamment. Conséquence sur le terrain : on déconstruit à la main ce qu'on abattait à la machine. Des équipes plus nombreuses passent plus de temps dans des bâtiments qui s'affaiblissent au fil des déposes, au-dessus de zones de tri occupées. La protection collective, filet de sécurité et pare-gravats en tête, devient l'ossature de ces chantiers.

Du coup de pelle au tri sélectif

La démolition d'hier était simple : on évacuait, on abattait, on triait les gravats au sol. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dite AGEC, a changé la logique : depuis le 1er juillet 2023, un diagnostic PEMD, pour produits, équipements, matériaux et déchets, doit précéder les démolitions et rénovations significatives des bâtiments de plus de 1 000 m² ou ayant accueilli des substances dangereuses. Son but : identifier ce qui peut être réemployé, recyclé ou valorisé, et l'extraire proprement au lieu de tout broyer.

C'est une excellente nouvelle pour la ressource. Pour la sécurité, c'est un changement de paradigme : la déconstruction sélective et le curage, cette phase où l'on vide le bâtiment de ses équipements et second œuvre, remettent des personnes là où travaillaient des machines.

PEMD

Produits, équipements, matériaux, déchets : le diagnostic obligatoire depuis juillet 2023 qui transforme la démolition en déconstruction. Et donc le travail de machine en travail humain, y compris en hauteur.

Un bâtiment qui s'affaiblit à mesure qu'on le vide

Le paradoxe du curage, c'est que le danger augmente avec l'avancement :

  • Les trémies s'ouvrent au fil des déposes : gaines retirées, escaliers déposés, réservations rouvertes. Chaque ouverture est une chute en attente, le sujet exact de notre article sur les trémies et ouvertures de dalle.
  • Les planchers changent de comportement quand on retire cloisons et équipements : ce qui portait hier ne porte plus pareil, surtout dans les bâtiments anciens dont l'état initial était incertain, comme sur les friches industrielles.
  • Les faux plafonds et combles attirent les équipes de dépose, alors qu'ils ne sont pas conçus pour porter une personne.
  • Les zones de tri vivent en contrebas : bennes par matériau, palettes de réemploi, manutention permanente, sous des niveaux encore en cours de dépose.

La protection collective, phase par phase

Sur un chantier qui change de visage chaque semaine, la protection doit être pensée pour évoluer :

  • Le filet de sécurité conforme EN 1263 sous les zones de travail en hauteur : combles, charpentes partiellement déposées, planchers incertains. Il se déplace au rythme du phasage.
  • Le filet pare-gravats au-dessus des zones de tri et des circulations : sur un chantier dont le métier consiste littéralement à faire descendre des matériaux, retenir ce qui tombe au mauvais endroit n'est pas une option.
  • Les protections d'ouvertures posées au fur et à mesure que les trémies apparaissent, sans attendre la fin de la phase.

Le tout se cale dans la coordination du chantier et, souvent, en articulation avec le désamiantage préalable des bâtiments d'avant 1997, décrit dans notre article sur les toitures amiantées. Nous intervenons sur les opérations de déconstruction de toute la région, de Lyon à Vienne : contactez-nous dès la phase de diagnostic, le devis est gratuit et le phasage des protections s'étudie avec votre plan de retrait.

Questions fréquentes

Le diagnostic produits, équipements, matériaux et déchets, issu de la loi AGEC, est obligatoire depuis le 1er juillet 2023 avant les démolitions et rénovations significatives des bâtiments de plus de 1 000 m² ou ayant accueilli des substances dangereuses. Il identifie ce qui peut être réemployé ou valorisé avant les travaux.

Démolir à la machine éloigne les personnes du danger ; déconstruire pour trier les y ramène. Le curage et la dépose sélective font travailler des équipes plus nombreuses, plus longtemps, à l'intérieur d'un bâtiment qui s'affaiblit au fil des déposes : la protection collective doit accompagner chaque phase.

Les trémies qui s'ouvrent au fil des déposes, les planchers dont la résistance diminue quand on retire des éléments, les faux plafonds qui ne portent personne, et les zones de tri installées sous des niveaux encore en travaux, exposées aux chutes d'objets.

Double : le filet de sécurité conforme EN 1263 retient les personnes qui travaillent en hauteur sur des structures partiellement déposées, et le filet pare-gravats protège les zones de tri et de circulation en contrebas des éléments qui tombent pendant les déposes.

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les sources suivantes :

Déconstruction Curage PEMD Économie circulaire
M.I.B Anti-Chutes

Karim Bakida

Fondateur de M.I.B Anti-Chutes

Spécialiste de la pose de filets de sécurité antichute conformes à la norme EN 1263 en Isère et en Auvergne-Rhône-Alpes. M.I.B Anti-Chutes accompagne les entreprises du BTP dans la sécurisation de leurs chantiers en hauteur, de l'étude jusqu'à la dépose.

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