Chantier arrêté pour risque de chute : que faire

Le chantier est à l'arrêt, les compagnons attendent, le planning se décale et personne ne sait exactement quoi faire pour repartir. Voici la procédure prévue par le Code du travail, étape par étape.

Filet de sécurité tendu sous une charpente en cours de construction
Une protection collective conforme et réceptionnée est ce que l'agent de contrôle vient vérifier avant d'autoriser la reprise.

En bref

Sur un chantier de bâtiment ou de génie civil, l'agent de contrôle de l'inspection du travail peut prescrire l'arrêt temporaire des travaux lorsqu'il constate un défaut de protection contre les chutes de hauteur. C'est le premier des motifs énumérés à l'article L. 4731-1 du Code du travail. La reprise n'est jamais automatique : l'employeur prend les mesures correctives, en informe l'agent, et attend que celui-ci vérifie puis autorise la reprise. Reprendre sans cette autorisation est un délit puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende. Pendant l'arrêt, les salariés concernés ne subissent aucun préjudice pécuniaire.

Ce que l'agent de contrôle peut décider sur place

L'article L. 4731-1 du Code du travail donne à l'agent de contrôle de l'inspection du travail un pouvoir immédiat : sur un chantier de bâtiment ou de génie civil, il peut prendre toutes mesures utiles pour soustraire sans délai un travailleur à une situation de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, notamment en prescrivant l'arrêt temporaire de la partie des travaux en cause.

Ce n'est ni une mise en demeure, ni un avertissement, ni une observation portée au registre. C'est une décision qui produit ses effets tout de suite. La partie de chantier visée s'arrête, et elle reste arrêtée tant que la suite de la procédure n'est pas allée à son terme.

Le défaut de protection contre les chutes arrive en tête de liste

L'article énumère les sources de danger qui ouvrent ce pouvoir d'arrêt. La première de la liste est le défaut de protection contre les chutes de hauteur. Viennent ensuite l'absence de dispositifs contre les risques d'ensevelissement, les protections manquantes sur les travaux liés à l'amiante, les équipements de travail dépourvus de protecteurs, les risques liés aux lignes électriques et le contact direct avec des pièces nues sous tension.

Autrement dit, la chute de hauteur n'est pas un motif marginal glissé au milieu d'une liste technique. C'est le cas placé en premier, parce que c'est celui que les agents rencontrent le plus souvent sur les chantiers et celui dont les conséquences sont les plus lourdes. Nos chiffres sur les chutes de hauteur rappellent pourquoi.

Un constat suffit

L'agent n'a besoin ni d'un accident, ni d'une plainte. Le simple constat d'un défaut de protection contre les chutes sur une zone de travail suffit à déclencher l'arrêt temporaire de cette partie des travaux.

Les trois premières heures

La réaction la plus coûteuse est l'improvisation. Ce qui fonctionne tient en quatre gestes simples.

  • Faire redescendre et sécuriser la zone concernée, sans ouvrir le débat de fond avec l'agent : la discussion juridique se mène plus tard, pas sur l'échafaudage.
  • Lire précisément le périmètre de l'arrêt. Il porte sur la partie des travaux en cause, pas nécessairement sur le chantier entier. Les lots non concernés peuvent souvent continuer, ce qui limite la casse sur le planning.
  • Appeler le coordonnateur SPS s'il y en a un, ainsi que le maître d'ouvrage. La co-activité transforme vite un arrêt localisé en blocage général si personne ne réorganise les phases.
  • Commander la mise en conformité le jour même. C'est le seul geste qui fait réellement avancer le dossier vers la reprise.

La reprise : la procédure exacte

L'article L. 4731-3 décrit un enchaînement en trois temps, et il n'existe pas de raccourci.

  1. L'employeur met en œuvre l'ensemble des mesures propres à faire cesser le danger grave et imminent.
  2. Il en informe l'agent de contrôle.
  3. L'agent procède à une vérification, puis autorise la reprise des travaux.

Ce que cela signifie concrètement : la vitesse de reprise dépend entièrement de la qualité de ce que l'agent va trouver en revenant. Une zone protégée par un dispositif conforme, tendu, ancré sur des points capables de reprendre les efforts, avec une hauteur de chute maîtrisée et un procès-verbal de réception à présenter, se contrôle en quelques minutes. Une réparation approximative se solde par un second déplacement et plusieurs jours perdus.

C'est la raison pour laquelle nous insistons, dans notre article sur les points d'ancrage, sur le fait que la conformité se joue à la pose et non au moment du contrôle.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

Reprendre les travaux sans l'autorisation de l'agent. Le Code du travail ne traite pas cela comme une simple irrégularité administrative : l'article L. 4741-3 punit le fait de ne pas se conformer aux mesures prises au titre de l'article L. 4731-1 d'un an d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende. Ce montant s'ajoute, le cas échéant, aux sanctions de l'article L. 4741-1 que nous détaillons dans notre article sur ce que risque l'employeur.

Si vous contestez la réalité du danger ou la manière de le faire cesser, l'article L. 4731-4 prévoit une voie précise : la saisine du juge administratif par la voie du référé. Ce recours existe, il s'exerce en parallèle, et il ne dispense pas de sécuriser la zone entre-temps.

Ce que l'arrêt coûte vraiment

La sanction pénale n'est pas la partie la plus douloureuse. Ce qui pèse, c'est l'immobilisation : des équipes présentes et improductives, un grutage réservé qui saute, des lots suivants qui se décalent en cascade, un maître d'ouvrage à informer et parfois des pénalités de retard contractuelles à négocier.

À cela s'ajoute un point que beaucoup d'employeurs découvrent au mauvais moment : l'article L. 4731-5 prévoit que la décision d'arrêt temporaire ne peut entraîner ni rupture, ni suspension du contrat de travail, ni aucun préjudice pécuniaire à l'encontre des salariés concernés. Les heures d'arrêt restent donc à la charge de l'entreprise.

Repartir, et ne pas y revenir

Un arrêt de chantier pour défaut de protection contre les chutes se règle presque toujours de la même façon : en installant la protection collective qui aurait dû être là dès la première phase. Un filet de sécurité conforme à la norme EN 1263, posé, tendu, contrôlé et réceptionné par un procès-verbal, transforme la visite de contrôle suivante en formalité.

Nous intervenons sur ce type de situation en Isère et dans toute la région, de Bourgoin-Jallieu à Lyon et de Grenoble à Chambéry. Si votre chantier est bloqué, décrivez-nous la zone : nous vous dirons ce qui est nécessaire pour la mise en conformité, et sous quel délai nous pouvons intervenir.

Questions fréquentes

Oui. Sur un chantier de bâtiment ou de génie civil, l'article L. 4731-1 du Code du travail autorise l'agent de contrôle à prescrire l'arrêt temporaire de la partie des travaux en cause lorsqu'il constate un danger grave et imminent, et le défaut de protection contre les chutes de hauteur figure en tête des motifs énumérés.

Le texte ne fixe pas de durée. L'arrêt cesse lorsque l'employeur a pris les mesures faisant cesser le danger, en a informé l'agent de contrôle, et que celui-ci a vérifié puis autorisé la reprise, comme le prévoit l'article L. 4731-3. La durée dépend donc surtout de la rapidité et de la qualité de la mise en conformité.

Oui. L'article L. 4731-5 du Code du travail prévoit que la décision d'arrêt temporaire de travaux ne peut entraîner ni rupture, ni suspension du contrat de travail, ni aucun préjudice pécuniaire à l'encontre des salariés concernés.

Le fait de ne pas se conformer aux mesures prises au titre de l'article L. 4731-1 est puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende par l'article L. 4741-3 du Code du travail. Si la décision est contestée, la voie prévue est le référé devant le juge administratif, mentionné à l'article L. 4731-4.

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les sources suivantes :

Inspection du travail Arrêt de chantier Chute de hauteur Mise en conformité
M.I.B Anti-Chutes

Karim Bakida

Fondateur de M.I.B Anti-Chutes

Spécialiste de la pose de filets de sécurité antichute conformes à la norme EN 1263 en Isère et en Auvergne-Rhône-Alpes. M.I.B Anti-Chutes accompagne les entreprises du BTP dans la sécurisation de leurs chantiers en hauteur, de l'étude jusqu'à la dépose.

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